MERCOSUR-CETA : deux traités et une provocation contre l’urgence climatique
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L’annonce de la conclusion d’un accord commercial de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) va faire disparaître plus de 90% des droits de douane imposés par l’UE et le Mercosur. Un échange « bœuf-voiture » qui se fera au détriment de l’urgence climatique et des agriculteurs français. Alors qu’il faut diminuer les émissions de gaz à effet de serre, cet accord permettra au Mercosur d’importer 200.000 tonnes de viande (100.000 de bœuf, 100.000 de volailles) en Europe. En contrepartie (!), l’UE espère vendre plus de voitures en Amérique du sud… Emmanuel Macron choisit de pactiser avec Jair Bolsonaro, le président d’extrême droite du Brésil, qui massacre l’Amazonie, vend son pays à l’agrobusiness et vient de ré-autoriser 239 pesticides interdits en Europe.

Comme le traité avec le Mercosur, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta), approuvé par le gouvernement français, et dont la ratification sera soumise à l’assemblée nationale le 17 juillet, est tout aussi dangereux pour les consommateurs et l’avenir de la planète. Justin Trudeau, le Premier ministre canadien s’affiche en faveur du controversé oléoduc Keystone XL qui part d’Alberta pour acheminer le pétrole brut des sables bitumineux à travers les États-Unis. Un projet auquel Barack Obama s’était opposé mais qui a été relancé par Trump. Le Ceta va également pénaliser les agriculteurs français en les exposant à toujours plus de concurrence déloyale : avec le Ceta, le consommateur européen retrouvera dans son assiette de la viande de bœuf canadien, sachant que le Canada autorise encore 46 molécules de pesticides et herbicides interdites en Europe.

Pour EELV BFC, le Mercosur et le Ceta sont deux accords qui démontrent, s’il en était besoin, que l’urgence climatique et la santé des consommateurs ne sont pas la priorité des actuels dirigeants de l’UE et de M. Macron.