Nous ne voulons pas d’une poubelle nucléaire à Belleville !
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Reporterre a lancé l’alerte le mardi 13 février : EDF veut installer une piscine géante pour
déchets nucléaires à Belleville-sur-Loire. Parce que les autres piscines (dont La Hague)
débordent, il s’agit de construire dans le Cher un bassin qui pourrait stocker de 6.000 à 8.000
tonnes de combustibles usés de réacteurs nucléaires ! Or le danger d’un accident de piscine
nucléaire est plus grand que celui d’un réacteur. Si le réacteur est protégé par une enceinte de
confinement renforcée, ce n’est pas le cas des bassins. Dans ces piscines dites d’entreposage
du combustible usé, les déchets doivent être refroidis en permanence sous plusieurs mètres
d’eau et le risque d’échappement d’énormes quantités de matières radioactives est réel. Selon
« Greenpeace », les piscines en question sont « très mal protégées » et « une attaque sur leur
bâtiment pourrait provoquer une catastrophe nucléaire majeure » avec un « relâchement très
important de gaz et de particules radioactives dans un périmètre » pouvant aller jusqu’à 200
kilomètres autour du site visé. Avec des conséquences « graves », potentiellement mortelles,
pour les populations contaminées.
L’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) a choisi Belleville pour son emplacement central en
France et son raccordement ferroviaire. C’est dans la plus grande opacité, comme toujours
quand il s’agit du nucléaire, que ce choix a été effectué. Nous déplorons d’autant plus
l’intégration de Perrine Goulet, députée de la Nièvre « En Marche », en tant qu’ « experte »
au sein de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité nucléaire. En
effet, l’élue nivernaise a été chef de projet à la centrale de Belleville. Elle assure dans le
Journal du Centre du 13 février, jour où l’on apprend l’installation du bassin dans cette même
centrale (!), au mépris de la réalité : « C’est une erreur de laisser croire qu’il y a, aujourd’hui,
un manque de transparence dans ces installations ». Il aurait été bon que le conflit d’intérêts
soit totalement écarté, alors que depuis le 13 septembre 2017, la centrale de Belleville-sur-
Loire est placée sous surveillance renforcée par l’Autorité de sûreté du nucléaire après la
découverte de nombreuses anomalies…
Comme ils le font depuis quarante ans, les écologistes poursuivent leur croisade contre le
nucléaire et ses dangers. Ils rappellent que la gestion des déchets est insoluble.
Aujourd’hui, ils disent non à une poubelle nucléaire à Belleville.
La solution énergétique en France passe par les économies d’énergie et les énergies
renouvelables, et nous sommes en retard sur ce point.
Nathalie Charvy, Mourad Laoues, porte-paroles régionaux.