Intervention de Pierre-Etienne Graffard sur le budget primitif 2018 de la Communauté Urbaine Creusot Montceau-Les-Mines
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Le bouleversement politique que nous vivons impose une remarque générale pour ce premier budget sous l’aire du ni de droite ni de gauche.

Le budget est un acte fondamental pour la gestion de notre collectivité.

Le budget communautaire demeure le reflet de la politique menée et voulue par une majorité de nos concitoyens.

Bien que les nouvelles règles ne soient pas encore définies, recentralisation et différenciation, marquent la volonté de l’état dans sa politique budgétaire vis à vis des collectivités.

D’une façon très habile, le gouvernement suggère aux collectivités des baisses significatives des dépenses de fonctionnement, sans l’imposer. Cette méthode conduira immanquablement les communes à s’autocensurer par crainte d’une mauvaise note, pouvant conduire à une baisse des dotations pour l’exercice suivant.

En amorçant une réforme fiscale locale et communale, l’état mettra à disposition des collectivités les outils fiscaux, les outils de fusion et de mutualisation, pour compenser les dotations, la péréquation, la pression des plus forts au niveau territorial comme les métropoles.

Vu de l’état, c’est bien joué car les collectivités porteront seules, la baisse des services publics imposée par les budgets de fonctionnement et le cas échéant, l’utilisation du levier fiscal pour compenser les recettes contrôlées par la recentralisation.

Alors ce « ni droite ni gauche » qui conduit à une différenciation sous contrat des collectivités, différenciation favorable à celles qui sont les mieux armées, les plus « startup », les plus en mouvement, alors ce ni droite ni gauche deviendra de plus en plus un « et de droite et de droite ». Modèle libéral pour faire simple, modèle de la loi du plus fort pour faire encore plus simple.

Pour une majorité de gauche qui a acquis sa légitimité il n’y a pas si longtemps en tout cas avant l’éclatement de l’offre politique national, la conduite budgétaire de notre collectivité est marquée par bien des incertitudes et des inquiétudes.

Nous aurions pu apprécier que ce volontarisme d’état s’applique sur les collectivités dans le domaine du climat, de la transition énergétique, des mobilités.

En effet, ce budget communautaire aurait sans aucun doute des orientations plus affirmées dans le fonctionnement et dans les investissements sur ces questions.

La production d’énergie ne figure pas dans ce budget, pas plus que des objectifs chiffrés sur la consommation d’énergie.

L’eau, la protection des points de captages, sont présents dans le budget annexe eau. Les travaux d’entretien du réseau et donc en partie, la réduction du gaspillage, à hauteur de 6,9% du budget. Pour les investissements, c’est seulement 8,35% consacrés à la protection de nos deux ressources, moins que l’enveloppe consacrée aux extensions de réseaux accompagnant le développement de l’habitat.

Compte tenu du caractère prioritaire, de l’attention que l’on doit apporter à cette ressource, de la fragilité particulière de notre territoire dans ce domaine, le budget 2018 n’est pas au rendez vous de l’enjeu.

L’énergie, la ressource eau, deux exemples qui méritent toute nos attentions. J’ajoute un dernier, la mobilité.

Comment le budget dans ses différentes déclinaisons, voirie, tourisme, développement durable, urbanisme, intègre les pistes cyclables ? De toute évidence, pas comme un élément majeur dans l’attractivité urbaine.

Comme nous le faisons sur la durée du mandat pour la RCEA, la gare multimodale TER-TGV aurait toute sa place dans le budget intercommunal et régional, pour que ce projet de développement de nos territoires se concrétise. La collaboration sur l’arc urbain, Dijon, Chalon, Le Creusot-Montceau doit s’inscrire dans ce projet d’avenir par un acte adressé aux maîtres d’œuvre pour réaffirmer l’importance de cet équipement. Le budget aurait permis de réaffirmer l’engagement du territoire auprès des décideurs.

Mais peut-être est ce trop décentralisé au regard des politiques d’équipement des territoires ?

Malgré les inquiétudes que l’on doit légitimement soulever et les manques que l’on peut identifier du fait de nos priorités respectives, le budget 2018 qui nous est présenté, répond au plan mandat de notre majorité.

Soyez assuré, Monsieur Le Président, de notre soutien pour la réalisation de ce budget 2018.