DEMISSION DE NICOLAS HULOT : NOUS NE VOULONS PLUS NOUS MENTIR
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C’est sans surprise que nous apprenons ce jour la démission du ministre de l’environnement,
Nicolas Hulot. Nicolas Hulot tout en rappelant l’urgence absolue de la cause écologiste, a
dressé le constat implacable de son échec face au refus du gouvernement mais aussi à la
société française de prendre en compte les enjeux écologiques. Le réchauffement climatique
est une réalité. Il faut agir et en tirer les conséquences. C’est ce que n’ont pas fait Emmanuel
Macron et le gouvernement d’Edouard Philippe.
Malheureusement, malgré toutes les alertes des écologistes depuis plus de 40 ans, la terre
brûle ! La canicule de cet été nous le rappelle. Le climatologue Jean Jouzel prévoit pour la
France dans trente ans des températures pouvant atteindre 50 à 55°. L’effort à faire est
immense : réduire de 25 milliards de tonnes les émissions de CO2, trois tonnes par humain.
Or en 2017, les émissions de gaz carbonique de voitures neuves vendues en Europe sont
reparties à la hausse. Les avions n’ont jamais été aussi nombreux à sillonner le ciel. Il va
falloir choisir : notre mode de vie occidental qui détruit le vivant ou la lutte pour une planète
vivable. Le 2 août sur terre, un million de kilos de CO2 ont été émis dans l’atmosphère et
l’humanité a consommé tout ce que la planète était en mesure de lui offrir pour cette année.
L’extinction de masse des animaux ne cesse de s’accélérer -58 % des vertébrés ont disparu en
quarante ans, il s’agit ni plus ni moins d’un anéantissement biologique. Oui, il faut changer
d’ère. Changer de paradigme, a dit Nicolas Hulot ce matin sur France Inter. Mais le poids des
lobbys pro-nucléaires, pro-pesticides, pro-chasse, anti-éolien etc. est toujours aussi important.
Nicolas Hulot a échoué. Comment aurait-il pu en être autrement dans un gouvernement qui
soutient la construction de l’EPR de Flamanville ? On ne peut pas se réjouir de la démission
de Nicolas Hulot, c’est la traduction selon laquelle tous ceux qui sont aux manettes ne
prennent pas la mesure de l’urgence. Cette démission nous rappelle que nous ne pouvons plus
nous mentir. Espérons qu’elle constituera un choc salutaire.
Nathalie Charvy, Mourad Laoues, porte-paroles régionaux