Contractualisation entre la communauté urbaine Creusot/Montceau-les-Mines et la Région : intervention de Pierre-Etienne Graffard
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Ce n’est pas à dire que telle ou telle fiche projet est légitime ou illégitime dans cette contractualisation avec la région. Pas plus que de savoir si le montant affecté répond à une exigence de développement du territoire ou à un besoin tel qu’il est indispensable de cibler 1, 2, 3 millions d’euros sur une action.

Le problème n’est pas tant les actions ciblées. Personne n’est contre de nouveaux équipements, personne ne peut remettre en cause de développer des filières.

La formation, bien présente dans cette contratualisation, est bien évidemment fondamentale pour l’avenir à condition toutefois de ne pas oublier l’embauche et l’avenir professionnel des jeunes une fois qu’ils sont formés.

Les questions que l’on peut se poser, sont à mon sens celles-ci :

Répondons nous à cette urgence climatique qui conditionne tout notre très proche avenir mais aussi celui de nos enfants ?

Prenons nous les orientations indispensables pour notre territoire, à l’échelle de notre territoire, et contribuent elles à répondre à cette urgence ?

Cette Urgence avérée fait partie des 3 priorités présentes dans la présentation de cette contractualisation, présentes également dans la rédaction du contrat Région Territoire.

Il est bien notifié que la transition énergétique doit se retrouver dans le ciblage de nos actions.

Cette mutation qu’il nous faut prendre en considération dans nos projets quand il s’agit de nos mobilités, de notre ruralité, de notre habitat et de notre développement économique compatible avec la nécessité de réduire notre consommation carbone, cette mutation doit faire sens pour ce contrat métropolitain 2018-2020.

Force est de constater que le détail des fiches projets ne fait pas apparaître cette exigence, avec 3 exemples.

  • La mise en œuvre d’une transition énergétique, hormis l’urbanisme avec une densification des centres et le traitement de l’habitat dégradé, ne constitue pas pourtant un axe majeur de nos interventions.
    Pas le moindre KWatt produit pour les années à venir dans les fiches projets.

  • Le développement économique de notre ruralité toujours en étude, en diagnostic mais absent dans l’opérationnel.
    Pourtant circuits courts, production locale, conversion de notre agriculture avec des revenus dignes pour les agriculteurs, aides à l’installation des jeunes, autant de choses bien présentes dans la communication mais totalement absentes dans la contractualisation. Soyons précis, présence d’une seule fiche au registre « Economie agricole » concernant un projet de « Maison de terroir » représentant moins de 2% de l’enveloppe.

  • Enfin quoi de plus transversal dans l’atteinte des 3 objectifs définis que l’Economie Sociale, Solidaire et Environnementale.

Là aussi rien dans la contractualisation pour l’ESSE chère à Madame la Présidente de région. Je rappelle que l’Economie Sociale, Solidaire et Environnementale ne concerne pas uniquement l’insertion mais une économie basée sur des aspirations différentes que le seul profit.
L’Economie Sociale, Solidaire et Environnementale est un potentiel de développement économique majeur dans les besoins non satisfaits par l’économie classique de marché et dans des secteurs d’activités concurrentiels en adéquation avec les aspirations nouvelles et bien souvent justifiées des salariés.

Bien que la lutte contre le réchauffement climatique soit dans les priorités déclarées par la région donnant SENS à ce contrat, Il est difficile de trouver les mots justes pour convaincre.

On s’émeut. On dit OUI bien sûr. On se dit écologiste et encore plus que son voisin.

On est au courant, informé, sensibilisé, concerné.

Mais quand il s’agit de revoir à la baisse nos projets pour laisser la place à ce besoin impératif de corriger notre impact sur la biodiversité, de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous nous détournons. Ce n’est jamais le moment.

Ce n’est plus possible.

La contractualisation qui est l’objet de ce conseil communautaire, aurait pu nous servir dans ce qui est l’objectif même de ce contrat, dans ce qui est dit explicitement dans le document qui nous est présenté : Engager la transition énergétique, engager un développement économique compatible avec l’urgence auquel nous devons répondre maintenant.