Tribune commune : non à l’élevage industriel et la « ferme usine » des 4000 vaches à Digoin en Saône-et- Loire
Partager

Nous prenons connaissance du projet de « ferme usine », à Digoin, avec la création d’un
centre de quarantaine pour la préparation de 3910 jeunes bovins destinés à l’exportation
( Maghreb, Turquie et éventuellement la Chine).
Nous sommes consternés par ce projet d’élevage industriel. Il est à contre-courant des
productions de qualité de la Saône-et-Loire, du développement d’une alimentation et d’une
agriculture qui préservent l’environnement, la santé et les animaux souhaitées par les
françaises et les français.
Alors que depuis 30 ans l’élevage concentrationnaire produit des crises sanitaires, et alors
que l’opaque scandale des œufs traités au fipronil devrait nous faire réagir, nous interpellons
les autorités publiques afin qu’elles refusent l’autorisation d’agrandir l’exploitation
concernée.
En effet, le projet comporte de nombreuses nuisances: consommation importante d’eau,
risque de pollution des eaux superficielles et souterraines, détérioration de la qualité des sols
par les déjections de bovins, impact du trafic routier ( air, bruit, climat), absence de prise en
compte des risques sanitaires dû aux maladies et de mesures pour prévenir les pollutions des
eaux et des sols en cas d’accidents liés à l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques.
De plus, la concentration de jeunes bovins, utilisés comme des ressources à exploiter, et le
transport d’un nombre si important d’animaux sont inacceptables. La condition animale est
aujourd’hui une préoccupation majeure de la société française et ces élevages
concentrationnaires en sont la négation absolue.
La prévention des risques ne fait visiblement pas partie des politiques publiques, comme
l’atteste l’avis inacceptable de l’autorité environnementale. Les risques sanitaires et
environnementaux sont connus et admis. Mais, il est préféré malgré tout d’exposer les
populations et l’environnement aux risques plutôt que de dissuader ce type de projet d’une
part, et d’accorder des moyens nécessaires pour accompagner les transitions agricoles
indispensables vers une agriculture paysanne, de qualité et éthique d’autre part.
Enfin, ce projet dévalorisera l’identité et l’image territoriale qualitative de la Saône-et-Loire
comme de la France et affectera toutes les filières paysannes. Au moment d’une crise agricole
sans précédent, les paysans réclament un revenu en phase avec la qualité de leur travail et non une
concurrence déloyale comme ce projet.
Dans ce cadre, les États Généraux de l’Alimentation et de l’Agriculture vont vite devenir une
mascarade si les autorités publiques valident des projets d’élevage industriel dans les
territoires.Ensemble, riverains, paysans, consommateurs, défenseurs de l’environnement et de la
condition animale resteront mobilisés pour stopper ce projet insensé.
France Nature Environnement Bourgogne Franche-Comté
Agir Pour l’Environnement
Confédération des Associations de Protection de Environnement et de la
Nature 71 ( CAPEN71)
Confédération Paysanne de Saône-et-Loire
Europe Écologie Les Verts Bourgogne
Europe Écologie Les Verts Franche Comté
Humanimo
Veille Au Grain Bourgogne Franche Comté
France Nature Environnement Bourgogne
Autun Morvan Écologie
Attac Mâcon