Pierre Etienne Graffard s’exprime, pour le groupe EELV, lors du débat d’orientation budget de la CU Creusot Montceau
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Monsieur le Président, Chers collègues,

Bien que nous soyons totalement associé à la prise de parole de notre majorité, le débat d’orientation budgétaire nous donne l’occasion d’intervenir plus précisément sur le développement durable, ne serait ce pour appuyer son importance dans nos politiques locales.

Il ne sera pourtant pas dans cette prise de parole, question directement de COP23, de glyphosate, d’agriculture BIO, de perturbateurs endocriniens : les sujets ne manquant pas pour nourrir l’actualité. Bien que je sente une grande déception autour de moi, j’aborderai ce sujet majeur, le Développement durable, par son potentiel impact sur le développement économique du territoire.

L’écologie nous permet d’aborder les questions récurrentes en proposant un autre angle de vue. Aussi, je vous livre une information qui mérite réflexion, illustrant parfaitement le changement de paradigme auquel nous devons répondre.

65% des jeunes sortant des grandes écoles, souhaitent un job qui serve l’intérêt général. (Sondage IFOP de 2016). Intégrer et faire carrière chez Loréal, Total, ou autres du CAC40 avec la seule perspective de faire de plus en plus de profits au détriment de l’humain ne répond plus à leurs attentes. C’est un mouvement général, dénommé social calling et traduit par ‘déclic social’.

C’est un phénomène nouveau de start-up à conviction sociale, phénomène nouveau par sa progression. Ces organisations mettent « l’efficacité économique au service de l’intérêt général ». Ni voyez pas une régression dans l’envie de réussir, d’innover, d’entreprendre pour ces jeunes. Bien au contraire.

Une traduction à cette aspiration car il peut y en avoir d’autres, se trouve dans l’Economie sociale et solidaire, dans l’Economie circulaire, dans l’Economie collaborative.Autant de sources de développement pour notre ruralité et pour nos villes centre. Autant d’approches entrepreneuriales qu’il nous faut entendre, comprendre pour les attirer, accueillir sur nos communes.

Est ce que 65% de ces jeunes trouveront réponse à leurs aspirations ? Oui bien sûr, sur certains territoires qui accompagnent, promeuvent et aident les implantations dans ces nouveaux leviers économiques. Dans les métropoles évidemment avec leur pouvoir aspirant. Mais nous serons bien loin de contenter ces 65%.

Est ce que notre territoire se met en ordre de marche pour développer toutes ces économies à fort potentiel et contribuer à augmenter son attrait? Je dis bien augmenter son attractivité car il ne s’agit pas d’opposer ce qui est fait à ce qui peut être fait.

Sans sortir de cette thématique, Je vais m’autoriser une digression pour saluer le travail de notre service des OM. En effet, cette semaine avec mes collègues de la commission d’appel d’offre, nous avons découvert, il faut l’avouer, le travail remarquable dans le champ de l’insertion et de l’intégration de ce service communautaire. Que ce soit au niveau du management et des équipes, ce service porte la fierté du service public en rendant possible cette ouverture d’esprit et en illustrant parfaitement le sens de l’intérêt général revendiqué par cette jeunesse.

La semaine dernière, le premier ministre a lancé l’objectif d’un recyclage de nos déchets à 100% d’ici 2025. Aujourd’hui notre pays fait 20%.

En appui de l’opération « Zero déchet, zero gaspillage » menée sur la CCM, nous avons là, un exemple d’opportunité pour nous inscrire dans ce challenge, dans cette activité d’avenir. L’industrie de l’énergie nous glisse entre les doigts. Prenons les trains de l’innovation et de l’emploi qui se présentent à nous.

Quand le débat d’orientation budgétaire déclinera le chapitre Economie et développement sur plusieurs items, économie conventionnelle, économie sociale et solidaire, économie circulaire, etc …. avec pour chacun d’eux la même ambition, la même exigence, le développement durable trouvera là, une traduction supplémentaire à la mesure des enjeux qu’il représente.

Le développement durable est la notion qui définit le besoin de transition et de changement dont a besoin notre planète et ses habitants, là où ils vivent.

Ce qui prime, c’est nos objectifs et les moyens que l’on mettra dans la transition énergétique, dans nos mobilités, dans le développement économique, dans l’attractivité, dans l’alimentation en globalité, c’est à dire production, transformation, distribution, dans l’accueil des jeunes, etc, etc.

Ce qui prime c’est l’essentiel, sans quoi rien n’est possible et c’est tellement essentiel que l’on n’y prête pas assez d’attention, la préservation de nos ressources naturelles, la biodiversité, l’air que nous respirons, tout simplement. Et pourtant.

Le Développement Durable ne doit pas apparaître comme un catalogue de bonne conduite mais bien comme une feuille de route pour mener notre territoire vers plus d’efficience et en permettant, surtout, de répondre à cette absolue nécessité de la transition énergétique et tout autant, de conduire nos modèles économiques dans les engagements pris pour le climat, dans l’économie du partage et dans la préservation de notre environnement.

Notre prochain rendez vous capital, sera le PLUI pour inscrire ou pas, notre communauté urbaine dans cette ambition.