Intervention de Pierre-Etienne Graffard consacrée à la subvention annuelle au Pôle Nucléaire de Bourgogne ( conseil communautaire Creusot-Montceau 15 mars 2017)
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D‘une façon annuelle, automatique, le PNB apparaît dans notre conseil communautaire pour l’attribution d’une subvention.

Cette subvention ne fera pas débat. En ne votant pas ce soutien au PNB, nous ne bouleverserons pas cet ordre bien établi, cela va sans dire.

Pourtant, la stratégie énergétique de notre pays qui repose encore et toujours sur le nucléaire, mériterait un débat national.

Cet aveuglement, cet entêtement que le PNB porte à son petit niveau, nous conduisent tout droit à une catastrophe industrielle s’agissant d’AREVA.

Je me permets de rappeler, non sans ironie, que la vision du PNB sur l’avenir du nucléaire, prévoyait en 2014, soit 3  ans après Fukushima, 60 nouvelles centrales pour 2020.

On pourrait s’en amuser si cela n’avait pas des conséquences sur la recherche et le développement de nouvelles productions d’énergies.

Il suffit de mesurer le retard que nous prenons sur les autres pays où les énergies renouvelables représentent dès à présent plus de 50% des nouvelles installations avec une tendance exponentielle indiscutable.

On pourrait continuer à caricaturer la sortie programmée du nucléaire avec un retour en arrière dans nos modes de vie, le retour de la chandelle posée sur la table et que sais je encore.

La sobriété énergétique se doit d’être considérée comme source de progrès et nos industriels par exemple nous le démontrent dans la mise en place de nouveaux process, tout simplement plus économes.

Subventionner encore aujourd’hui le PNB, c’est faire abstraction des inquiétudes que nous devons porter sur l’activité industrielle de notre territoire avec le site d’Areva et de la réalité de Creusot Forges.

Au travers des livraisons de pièces non conformes qui font l’objet d’une enquête par l’ASN, c’est le système de gouvernance de l’entreprise qui est visé. En aucun cas, l’outil et le savoir faire ne doivent porter la responsabilité de décisions qui impactaient la qualité et dans le cas du domaine nucléaire, la sécurité.

La forge est une activité complexe qui « naturellement » intègre dans sa production le rebus de pièces. Ne pas mettre au rebus certaines pièces est une décision qui ne se prend pas dans les ateliers.

Aujourd’hui, nous nous devons de nous emparer publiquement de l’avenir de Creusot Forge et par effet domino, de St Marcel, de l’aciérie et des sous-traitants.

Cela ne doit pas être le démantèlement de cette industrie qui doit être mise en œuvre pour masquer une stratégie industrielle insensée.

Nous avons besoin d’Areva pour notre territoire bien évidemment, mais aussi pour industrialiser le démantèlement des centrales, pour maintenir les centrales actuelles car sortir du nucléaire, ce qui est de plus en plus admis et proposé, cela se fera sur 25 ans. Enfin nous avons absolument besoin de cette expertise et savoir faire pour les énergies de demain.

Sortons de la caricature et acceptez ce qui peut apparaître comme un paradoxe que se soit EELV qui fasse cette intervention.

Du fait de ses caractéristiques et de son savoir faire, la forge a toute sa place sur le marché national et international. Creusot Forge ne doit pas être le bouc émissaire des erreurs du passé et de stratégies industrielles publiques et privées inadaptées aux enjeux énergétiques d’aujourd’hui et de demain.

Cette subvention au PNB est une opportunité pour nous emparer dans notre champ d’actions de l’avenir de Creusot Forge, des personnes qui y travaillent et de toutes les personnes associées à cette activité.